ENiM 4 - 2011 (ISSN 2102-6629)

Sommaire

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1-37

Frédéric Servajean, « Le conte des Deux Frères (1). La jeune femme que les chiens n’aimaient pas »
Frédéric Servajean

Le conte des Deux Frères a toujours posé problème à ses commentateurs. On sait, depuis la publication du P. Jumilhac par J. Vandier, qu’il faut le mettre en relation avec les XVIIe et XVIIIe nomes de Haute-Égypte. Une analyse tenant compte plus systématiquement des dieux, des rites et des interdits mentionnés dans le P. Jumilhac permet de mieux cerner sa signification.

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39-49

Bernadette Menu, « Les ouchebtis de Neskhons, entre droit et croyances »
Bernadette Menu

Cet article a pour but de donner une interprétation nouvelle des tablettes Rogers et Mac Cullum, sur la base d’une analyse proprement juridique. Il offre par conséquent un point de vue différent sur le rôle des chaouabtis/ouchebtis dans les croyances funéraires.

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51-79

Sydney H. Aufrère, « Dans les marécages et sur les buttes. Le crocodile du Nil, la peur, le destin et le châtiment dans l’Égypte ancienne
 »
Sydney H. Aufrère

Cet article traite des structures spécifiques relatives aux croyances se rapportant au crocodile du Nil (Crocodylus niloticus Laurenti 1768), une espèce commune à tout le bassin versant du Nil et qui incarne le châtiment divin. Après avoir dressé un arrière-plan hiéroglyphique, lexical, anthropologique et religieux relatif au crocodile, l’auteur souligne, à travers une sélection de sources hiéroglyphiques, grecques et latines, l’existence de plusieurs paradoxes. Le saurien est considéré de deux façons antagonistes : 1°) comme un animal qui cause soit une mort divinisante, soit une mort dénonçant la culpabilité de la victime ; 2°) comme un animal qui incarne des forces divines négatives et dont l’éradication est nécessaire, car il est à l’origine de multiples accidents. Des comparaisons avec l’univers des représentations malgaches et dogons au sujet de ce saurien suggèrent l’existence de structures parallèles de condamnations par le destin personnifiées par Crocodylus niloticus.

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81-90

Sébastien Biston-Moulin, « De Sésostris Ier à Kamosis. Note sur un remploi de Karnak »
Sébastien Biston-Moulin

Cet article est consacré au remploi d’un jambage de porte en calcaire dur au nom de Sésostris Ier ayant servi de support pour graver la deuxième stèle de Kamosis découverte en 1954 à Karnak. Un réexamen de la stèle au Musée de Louqsor et une plaque de verre des archives du Cfeetk (CSA/USR 3172 du Cnrs) datée de 1956 qui montre la stèle dans un meilleur état de conservation ont permis de lever une partie des difficultés de lecture signalées et de proposer une nouvelle identification des divinités représentées sur le jambage. Le dieu Amon et une déesse (que les restes du nom invitent à identifier à Mout ou Nekhbet) allaitant Sésostris Ier sont représentés sur le premier registre et la déesse Bastet conférant la vie au roi est présente sur le deuxième registre. Un examen des différents éléments à même de préciser la localisation d’origine de ce jambage et les événements ayant conduit à son remploi par Kamosis viennent conclure cette étude.

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91-102

Jennifer Romion, « Des Égyptiens portant un baudrier libyen ? »
Jennifer Romion

Depuis plus de 7000 ans, le baudrier croisé est un élément distinctif de la culture libyco-berbère. Symbole de suprématie sociale et guerrière, il est encore aujourd’hui fièrement arboré par les Touaregs. Alors, confronté à un baudrier similaire porté par Pharaon et ses sujets, la question se pose de savoir s’il s’agit du même vêtement et, le cas échéant, quelle est sa raison d’être en Égypte ancienne ?

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103-106

Mey Zaki, « Une table d’offrandes conservée au Musée de l’agriculture du Caire (inv. 1354) »
Mey Zaki

Étude d’une table d’offrandes en calcaire, exposée au Musée de l’agriculture égyptienne ancienne à Dokki, enregistrée sous le no 1354. Elle provient probablement de Deir el-Médineh et appartient au serviteur de la place de vérité Houy qui a vécu pendant la période Ramesside.

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107-136

Anne-Sophie von Bomhard, « Le Naos des Décades. Puzzle archéologique et thématique »
Anne-Sophie von Bomhard

Le Naos des Décades, dédié au dieu Chou, est un monument unique par sa collection de textes originaux et par la décoration extérieure de ses parois, consacrant une case a chacune des décades de l’année égyptienne. Chaque case montre cinq vignettes accompagnant un petit commentaire qui a été qualifié d’« astrologique », et qui diffère à chaque décade. Ces notices font intervenir un « grand dieu », dont l’action vise à détruire les populations ennemies, elles semblent de nature plus mythologique qu’astrologique, et leur ensemble pourrait constituer l’un de ces « Livres de Chou » que le dieu confie à Sekhmet, faisant le décompte de ceux que la déesse et sa troupe de décans doivent éliminer. La place du monument dans l’astrologie égyptienne est discutée : alors que le commentaire concerne des populations entières, les vignettes et leurs légendes intéressent le destin individuel et semblent relier le résultat du jugement divin et donc l’avenir du ka à la position des astres dans le ciel. À cet égard, le monument pourrait refléter, ou être le précurseur des systèmes astrologiques prédisant le devenir d’après la position variable des planètes, du soleil et des décans selon les heures.

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137-158

Bernard Mathieu, « Seth polymorphe : le rival, le vaincu, l’auxiliaire »
Bernard Mathieu

Le dieu Seth, comme l’illustrent bien les Textes des Pyramides, est une figure polysémique. Cette spécificité tient essentiellement à ce qu’au Seth « ancien », le dieu de Noubet (Ombos, Nagada), protagoniste avec l’Horus de Nékhen (Hiéraconpolis) du mythe fondateur de la constitution de l’État pharaonique, s’est superposé un nouveau Seth héliopolitain, l’agresseur d’Osiris. Les théologiens-théoriciens du pouvoir ont délibérément joué sur cette homonymie afin de stigmatiser toute forme de contestation politique.

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159-196

Jérôme Gonzalez, « Maltais, trophè, ktèsios… Remarques autour des figurines de chien en terre cuite d’Égypte »
Jérôme Gonzalez

Le présent article se propose d’identifier la valeur emblématique des terres cuites de chiens maltais fabriqués en Égypte. Une origine iconographique propre au monde gréco-romain a été confirmée (dès le VIe-Ve siècle av. J.-C.). Ensuite, il s’est agit de se demander comment ces objets de consommation courante ont pu être « lisibles » dans l’Égypte grecque et romaine. La docilité et la trophè infantile initialement évoquées par le chien maltais sont réinvesties dans le jeu des rapports sociaux présidés par la notion de « parentalisation ». À cela s’ajoute la valeur d’approvisionnement alimentaire au cœur des mécanismes communautaires. Le réinvestissement est tel, que sous l’Empire, le chien maltais plus souvent individualisé qu’associé à l’enfant-dieu Karpocrate / Harpocrate, passe de qualificatif (statut de la prime enfance) à entité pleinement autonome. En ce sens, la terre cuite de chien maltais pourra intégrer les foyers (ktésios), les greniers à blé (anatropheus), les fortins (trophè militaire)…

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197-232

Frédéric Servajean, « Le conte des Deux Frères (2). La route de Phénicie
 »
Frédéric Servajean

Le deuxième épisode du conte des Deux Frères a lieu en Phénicie. Cette région est présentée comme une sorte de monde funéraire dans lequel Bata meurt et retourne à la vie. La structure est la même que pour le premier épisode.

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233-272

Alain Dautant, « Le cercueil d’Iténéferamon au musée d’Aquitaine »
Alain Dautant , Thomas Boraud, Bernard Lalanne

Le cercueil de Jt-nfr-Jmn, connu grâce aux publications de J.-Fr. A. Perrot, est conservé au Musée d’Aquitaine à Bordeaux (Mesuret-8590). Sa décoration est semblable au cercueil de Tayouheret et, secondairement, à celui de Masaharta, découverts tous les deux dans la première cachette de Deir el-Bahari. L’organisation horizontale du décor intérieur et les frises sur les bords extérieur et intérieur de la cuve rappellent les cercueils de Soutymès, Séramon et Masaharta. Ces détails apparaissent spécifiquement sur les cercueils du début de la XXIe dynastie dont le cercueil de Jt-nfr-Jmn est un remarquable exemplaire. Une inhumation vers 1070-1060 av. J.-C. est proposée.

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273-290

Charlène Cassier, « Fouilles à Atfih au début du XXe siècle »
Charlène Cassier

Rappel historique, analyse et essai d'identification des diverses fouilles entreprises à Atfih au début du XXe siècle. Quelques informations relatives à l'histoire et l'organisation du site sont mises en exergue.

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Équipe Égypte Nilotique et Méditerranéenne - UMR 5140 - « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes » (Cnrs) - Université Paul Valéry - Montpellier III